Arno Brignon©2007-2017
Archives : SIGNATURES
Design by David Ameye

Built with Indexhibit

BASED ON A TRUE STORY 2015-2016

Les photos

La réflexion sur le « territoire » est intimement liée à la notion de patrimoine. Mais plus tenue encore, à la notion d’héritage : que m’ont légué mes racines, si profondément ancrées sous terre ? Puis-je adopter cette terre que je décide d’explorer ? Et mon empreinte la transformera-t-elle en retour… ?

C’est dans un curieux voyage, et avec cette question en suspens, que nous invite Arno Brignon.

Based on a true story - basé sur une histoire vraie - est un travail réalisé dans le cadre d’une résidence photographique. Presque sous contrainte, presque avec douleur : deux mois sur place, loin de tout et surtout des siens, dans une région isolée où le mythe fait loi, quasi inconnue, quasi hostile. Il fait de sa technique - le sténopé - et de sa recherche d’archives photographiques sur ce territoire un moyen d’apprivoiser chaque rencontre. Mais ce n’est qu’un support. Il prend les gens au piège, les fixant pour une nouvelle éternité, nous permettant de découvrir un monde sensible, étrange, mélancolique – nostalgique ? - qui nous rappelle les contes de notre enfance. Ici, les bois sont hantés… nous dit Arno Brignon dans le texte qui relate en temps réel un road trip immobile : les villageois dansent autour du feu, le chasseur n’est pas loin, l’ogre nous épie, la chèvre échappe au loup, le petit poucet tente de sortir de cette forêt, et son petit chaperon est bleu… Car c’est bien de l’enfance dont nous parle Arno Brignon, avec une tendresse infinie, car elles sont là, nos racines, il est là, notre territoire, dans cette enfance que nous ne pourrions voir sans lui. Peu importe d’où nous venons et peu importe où nous sommes…

Une fois passé les routes, une fois rencontré ces visages, dégagé les fougères denses, une fois avancé dans la nuit, traversé les collines, nagé dans l’eau fraîche des cascades cachées, une fois m’être perdu dans la forêt, une fois longé ses routes sinueuses et une fois trouvé la clairière… c’est moi que je retrouve… Cet enfant que je suis encore, qui craint que le loup ne le dévore, mais qui sait que les petits cailloux ont été semés…

Elisa Hebert