31SANS

Dans leur noir d'encre, leurs perspectives sinistres, leurs clartés nocturne et leur flou aussi fragile qu'un duvet d'adolescent, ces images du qaurtier du Mirail à Toulouse recréent une athmosphère intime qui rejette le sordide attendu pour guetter des coincidences de vrai bonheurs, fugitifs et intenses sur lesquels passes un avion indifferent

 

Hervé Le Goff

 

Joséphine

« Menteuse par omission la photo de famille n’est conviée que pour ces bons moments qu’elle transforme en bons souvenirs » écrivait le regretté Pierre Bourdieu à propos de cette pratique photographique ô combien formatée consistant à tenir le journal, l’album de l’enfant dès son irruption de « l’origine du monde ». Dans cet univers là, fait d’évidences, tranquille comme un long fleuve, pas d’autre mise en pages possibles que celle de ces émouvants clichés sur lesquels père et mère regardent avec tendresse leur progéniture qui gazouille et sourit à l’objectif.

Et c’est tout l’intérêt, du travail d’Arno Brignon , ce nouveau père mais déjà photographe affirmé que de s’interroger sur la possibilité de faire œuvre avec ce moment , si fort, mais si banal au fond, de son existence de papa, de photographe, de papa-photographe..

Car comme artiste il sait très bien qu’on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments. Qu’on ne fait pas plus de bonne photographie sans maintenir ses émotions à bonne distance focale.

Et c’est donc , non pas sur le mode (fièrement) affirmatif de sa paternité qu’il nous livre ces images, mais sur celui , plus interrogatif, de sa place dans cette étrange histoire d’amour à deux qui, d’un seul coup d’un seul, s’est transformée en figure triangulaire : celle de sa femme, devenue maman, qui porte, joue, baigne, danse , nourrit, couche (avec) l’enfant (et lui tourne le dos, à lui, son homme), d’une petite fille, Joséphine, qui regarde sans vraiment voir, se pose là (sans poser encore), et lui la tierce personne qui derrière le masque de son appareil a du mal à trouver sa place, à faire le point sur l’objet de son désir.. 

L’art d’Arno Brignon c’est de réussir à traduire photographiquement cette question de la place du père, beaucoup plus complexe, plus ambiguë qu’il n’y parait ! C’est pourquoi le flou ici, qu’il soit de mise au point, de bougé, ou de matière, n‘a rien d’un effet esthétique gratuit .Il dit fortement ce trouble qui s’empare du géniteur quand il se trouve confronté à la présence, au regard de ce qu’il a participé à mettre au monde. Les décadrages, les basculements de champ, les regards qui coulissent de Joséphine, aux présences et objets qui l’entourent, du centre vers la périphérie, du dehors vers le dedans disent bien cette forme d’inquiétude du père et que le photographe traduit en une sorte d’errance visuelle. Quant aux couleurs de cet album , nous sommes très loin des doux pastels qui du bleu au rose nous bercent d’illusions. Ici violentes sont les oppositions du vert au jaune, de l’orange au mauve, et de ces rouges qui font tâches jusque dans l’eau du bain…

Non le monde d’Arno Brignon n’est pas tranquille, il a cette inquiétante étrangeté chère à André Breton mais il est beau comme la rencontre fortuite sur une table à langer de deux regards qui se cherchent , deux êtres qui s’en-visagent à tâtons et que le temps finira par révéler.

Dominique Roux
 

Fragment(S) #1- CEUTA

Ceuta n'est pas belle ! Elle est le reflet dans les eaux du detroit de Gilbraltar d'une Europe securitaire, fermée et mercantile.

Entourée par sa haute barrrière de sécurité, elle resemble à une nasse, ou migrants, marocains et espagnols semblent bloqués en attente de promesses et de jours meilleurs...

 

Travail realisé dans le cadre du Collectif Du Grain à Moudre

Camping

Tout les ans, ils viennent du nord, de Belgique, d'Hollande ou d'ailleurs, à la recherche du soleil et de la vie nomade.

Certains viennent depuis 20 ans, d'autres découvrent ce petit camping d'Ardèche pour la première fois.

Chacun s'approprie son emplaçement pour la durée de son séjour.

TRaCeS

 

Paris ville lumière Une ville connue dans le monde entier pour ses lumières et moi natif de la capitale j'y reviens attiré par cette lueur peut être...pourtant des lumières, je me souviens surtout de celles des souterrains, du métro, des bars...c'est ce retour à la lumière de mon passé (mon passif), les TRaCeS de ma vie de parisien dont je vous éclaire aujourd'hui.

Love in Progress ...



Arno Brignon nous conte la vie terrestre comme un rêve. Nos pensées se retrouvent en filigrane dans les images de la série  « Love in Progress ».

Loin du monochrome, les couleurs naturelles de la vie ordinaire, perçues par Arno Brignon, nous montrent que le quotidien n’est pas nécessairement un gouffre. Il est ici révélé, comme empreint de calme, de sérénité.
Il est presque ensorcelant que les photographies soient ainsi situées entre le quotidien et le rêve. Nous distinguons certaines formes, nous en devinons d’autres.
Chacun s’y reconnaît, alors même que chaque détail est intime, cela est très troublant… Nous avons l’impression étrange d’avoir vécu ou vu ces sourires discrets, ces vêtements froissés, ces reflets, mais jamais nous ne les avions véritablement fixés dans notre mémoire, ils reviennent sous forme de souffles caressants. Comme si les photographies d’Arno Brignon nous chuchotaient ce qu’il faut voir…  
Peut-être, a-t-on fait semblant de regarder sans véritablement voir, la douceur des moments qui nous entourent.

Tout cela fait partie d’une composition méticuleuse. Chaque diptyque est une seule sensation, une même impression qui nous invite à nous questionner plutôt qu’à rendre compte. Cela sublime l’humain et le moment.

Elise Poussier

Urbanité



Cette série associe volontairement deux images de villes souvent différentes pour appuyer sur l'acculturation et l'homogénéité des grandes métropoles aujourd'hui. Elles donnent à voir la place de l'être humain dans ces villes où une modernité dictée par les lois d'une économie libéraliste tend à remplacer irrémédiablement les traditions lentement établies. Je suis frappé par les similitudes architecturales, d'organisation de l'espace urbain qui nient l'homme en tant qu'individu. Pour des raisons d'efficience et de reconnaissance internationale, le conformisme s'impose et la culture et l'histoire d'un lieu, d'un peuple est niée. Quelle place pour l'homme dans nos métropoles? La mondialisation de l'architecture, de la gestion et l'organisation des villes ne va t'elle pas mettre en péril le lien social et l'identité même de ses habitants?

 

Le Jour oùj'ai quitté L'europe

Istanbul - 2008

 



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